8 règlements publicitaires à respecter si vous pratiquez la médecine esthétique

médecine esthétiqueAu cours des dernières années, les médias sociaux et les technologies de l’information et de la communication se sont développés à un rythme fulgurant! Pour faire face à cette nouvelle réalité, le Collège des médecins du Québec a dû, en 2010, ajouter à son code déontologique une section abordant la publicité et les déclarations publiques faites par les médecins.

Vous offrez des services de médecine esthétique? Que vous exerciez dans votre propre cabinet ou au sein d’une clinique de soins esthétiques, vous devez bien entendu respecter les règles qui figurent dans votre code de déontologie.

Vous êtes plutôt propriétaire d’une clinique et vous faites affaire avec des médecins afin de pouvoir offrir certains services à votre clientèle? Cet article peut vous aider à comprendre les règles auxquelles ces professionnels de la santé sont soumis.

Afin de vous aider à mieux comprendre les limites qui encadrent vos actions publicitaires, nous vous présentons 8 mises en garde tirées textuellement des pages 32 à 34 du Guide d'exercice de la médecine esthétique, créé par le Collège des médecins du Québec.

1. « Dans toute publicité ou tout document d’identification, le médecin doit indiquer clairement son nom et son titre de spécialiste. »

Vous êtes dermatologue, ou encore médecin de famille? Peu importe quel est votre titre professionnel officiel et reconnu par le Collège des médecins, c’est celui-ci qui doit être indiqué dans les documents publicitaires ou promotionnels que vous produisez.

Si vous souhaitez mentionner que vous offrez des services professionnels liés à l’esthétisme, vous êtes libre de le faire, mais vous devrez obligatoirement en faire mention à la suite de votre titre officiel.

Par exemple, vous pourriez vous introduire comme étant un dermatologue, mais ajouter que vous offrez aussi des soins de médecine esthétique.

2. « L’information communiquée dans la publicité doit être factuelle, exacte et vérifiable. »

Vous avez sûrement déjà remarqué que les propos tenus dans plusieurs publicités diffusées en ligne ou à travers d’autres médias semblent trop beaux pour être vrais. En effet, l’exagération peut parfois devenir problématique en publicité, car dans certains cas, elle s’avère presque trompeuse et donne l’impression de mentir au consommateur.

Dans le cadre de la médecine esthétique, les publicités que vous diffusez pour vendre vos services doivent exclusivement contenir des faits vérifiables et justes. L’emploi de termes superlatifs ou comparatifs (qui inciteraient à l’exagération ou à la dépréciation des services d’un collègue) est donc à proscrire.

Même si vous considérez votre service comme étant extraordinaire, ou que vous vous affirmez comme étant le meilleur professionnel dans votre domaine, vous devrez vous abstenir de le mentionner dans vos publicités!

3. « Le Code de déontologie des médecins interdit les témoignages d’appui ou de reconnaissance trompeurs ou qui pourraient susciter de faux espoirs quant aux résultats. »

Vous le savez, tous les résultats obtenus lors d’interventions esthétiques varient selon différents critères et facteurs (âge du patient, état de la peau, hygiène de vie, etc.) Vous ne pouvez donc pas présenter certains témoignages sous un angle qui laisserait suggérer que les résultats s’appliqueront systématiquement à toute votre clientèle.

Ceci étant dit, vous pouvez présenter des témoignages ou commentaires de patients satisfaits, qui seraient à la fois honnêtes et vérifiables. Veillez cependant à faire preuve de retenue dans le choix de vos témoignages, afin qu’ils ne soient pas trop nombreux, ni trop émotifs.

Encore une fois, l’idée ici est de procéder avec modération, transparence et objectivité des résultats!

4. « Les témoignages complaisants ou qui sollicitent de façon insistante un individu ou un groupe d’individus à recourir à des services sont aussi interdits. »

Ce genre de ciblage est bien entendu inapproprié. Peut-être croyez-vous sincèrement qu’un certain type de clientèle devrait avoir recours à vos services afin d’être plus heureuse et épanouie ; que votre sentiment soit justifié ou pas, vous ne pouvez pas vous permettre de l’exprimer dans vos publicités.

Dans un même ordre d’idées, vous comprendrez que même si cette méthode est résolument moderne, faire appel à des influenceurs afin qu’ils vantent vos services en échange de tarifs alléchants est inacceptable.

5. « Le Code de déontologie des médecins interdit la publicité susceptible d’influencer des personnes qui peuvent être vulnérables du fait de leur âge, de leur condition ou en raison d’un événement spécifique. »

La médecine esthétique vise, d’abord et avant tout, à permettre aux gens qui l’utilisent de se sentir mieux dans leur peau en améliorant leur apparence. Cependant, il se peut que certaines personnes plus fragiles décident d’y avoir recours pour camoufler différents problèmes d’estime de soi, et parfois une détresse plus profonde.

De plus, certaines études scientifiques ont réussi à établir des liens marqués entre la santé émotive des femmes et la chirurgie esthétique. Bien entendu, les interventions médico-esthétiques sont beaucoup moins invasives, et leurs résultats sur le physique, moins radicaux ; cela dit, il convient de faire preuve de vigilance en la matière.

Vous devriez donc prêter une attention toute particulière à ce que vous diffusez comme publicités, surtout si ces dernières visent à rejoindre une clientèle qui pourrait être vulnérable ou considérée comme telle.

6. Photos avant-après en médecine esthétique : « Cette pratique n’est pas interdite, mais les photos ne doivent pas être présentées comme une garantie de résultat. »

Nous l’avons souligné un peu plus tôt : chaque individu est unique, et les résultats des traitements esthétiques le sont tout autant!

C’est pourquoi, lors de la publication d’une transformation avant-après, vous devez accompagner la photo d’un avertissement clair : il s’agit d’un cas parmi tant d’autres, qui ne doit pas être considéré comme étant une garantie de résultat. Cela évitera des déceptions dans certains cas, et dans d’autres, le sentiment d’avoir été floué.

Enfin, même s’il peut s’agir d’une évidence, il ne faut pas oublier que le consentement écrit et explicite du patient doit être obtenu avant de pouvoir procéder à la publication des photos.

7. « Contrairement à ce qu’il est tenu de faire dans son cabinet de consultation, le médecin, dans sa publicité, n’est pas obligé d’indiquer le prix de ses services ou des produits qu’il utilise. »

La manière la plus simple d’annoncer vos services consiste donc à en faire la description en laissant tomber la question du tarif, et à fournir l’information uniquement aux gens intéressés qui en font la demande.

Cela dit, si vous décidez de faire connaître vos prix dès la promotion de vos services, vous devez impérativement respecter la façon de faire déterminée par votre code déontologique.

Pour y arriver, vous devrez donc :

  • préciser le prix fixé pour le soin ou le service offert ;
  • indiquer la période durant laquelle ce prix demeure valide ;
  • faire connaître toutes les restrictions qui peuvent s’appliquer ;
  • mentionner la liste des services ou des frais additionnels qui pourraient s’avérer nécessaires.

8. « Quel que soit le média utilisé pour la diffusion de sa publicité sur ses soins ou services, le médecin reste pleinement responsable de s’assurer que ses obligations professionnelles sont respectées en tout temps par l’organisme qui produit ou diffuse cette publicité. »

Pour mieux promouvoir vos services, vous faites appel à une agence publicitaire ou marketing ; bien! Ce sera donc cette dernière qui se chargera de créer vos publicités et de les diffuser conformément à l’entente que vous aurez pris ensemble.

Dans tous les cas, faites preuve de vigilance! Peu importe qui crée ou promeut vos publicités, c’est vous qui devez vous assurer qu’elles respectent les règles de votre code déontologique. L’agence et la plateforme de diffusion ne pourront en aucun cas être tenues responsables.

Vous devez donc faire en sorte de contrôler l’information diffusée en votre nom et de l’approuver en bonne et due forme, afin d’éviter les mauvaises surprises.

Vous connaissez désormais l’essentiel des règlements publicitaires à respecter en lien avec la pratique de la médecine esthétique. Pour en connaître un peu plus sur le sujet, consultez le guide intitulé Le médecin, la publicité et les déclarations publiques, un document produit par le Collège des médecins du Québec.

Référence : Collège des médecins du Québec (2018). La médecine esthétique : Guide d'exercice, p. 32 à 34.

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